Les Revers Sombres de la Fast-Fashion

Mar 12, 2021 | Enquêtes

C’est aujourd’hui le mode de consommation de vêtements le plus répandu dans le monde, la fast-fashion est définitivement ancrée dans le modèle économique capitaliste de nos sociétés. Avec plus de 100 milliards de vêtements vendus chaque année (OXFAM), nombreux sont ceux qui tirent la sonnette d’alarme vis-à-vis de cette consommation effrénée.

Historiquement parlant, la fast-fashion est apparue dans les années 1990 avec l’arrivée d’enseignes telles que Zara ou encore H&M dans des bastions de la mode (New York, Londres). Ce que l’on désigne par fast-fashion c’est avant tout les enseignes de mode qui renouvellent très régulièrement leurs collections. Lesquelles sont produites à bas coûts et ainsi vendu à petit prix. Nous n’allons pas revenir ici sur la production à bas coûts qui se fait aux dépens des conditions de travail des employés, en effet, cela a fait l’objet d’un précédent article. Néanmoins, la fast-fashion a un impact extrêmement négatif sur notre environnement.

Camouflée au milieu de stratégie marketing toujours mieux pensées, les géants de la fast-fashion écoulent un nombre de produits considérable. Pour réaliser cela, ces multinationales proposent jusqu’à 52 collections par an. Un chiffre qui laisse pantois quand on met en lumière le fait qu’originellement les maisons de mode proposaient seulement une collection par saison. Peu éthiques mais très bien ficelés, les modèles économiques de ces grands groupes attribuent des budgets conséquents pour la publicité et le sponsoring là où les salaires des ouvriers sont extrêmement bas.

Faible prix oblige, la fast-fashion privilégie à l’heure actuelle des matières qui sont, pour la plupart d’entre elles, non renouvelables et pétrosourcées comme le polyester, ou encore le nylon. Le coton que l’on retrouve également demande quant à lui des ressources très importantes en eau, mais puisque la production doit être intense, les sols sont traités avec toujours plus de pesticides et d’OGM afin d’assurer le rendement. De plus, l’extrême majorité de ces vêtements est fabriquée dans des pays en voie de développement dont les réglementations phytosanitaires sont beaucoup plus tolérantes que dans les pays développés qui ont signé des accords sur le climat. Ainsi, la fast-fashion est avant tout pensée pour répondre aux besoins, parfois éphémères, des consommateurs.

En effet cette tendance s’est accrue avec les réseaux sociaux et la dictature de l’apparence et du paraître, notamment prôné par Instagram. A coup de #outfitoftheday, pour montrer sa tenue du jour ou au travers de partenariats avec des influenceurs, l’industrie du fast-fashion a presque inventé le vêtement jetable. En effet, aujourd’hui tout étant si aisément accessible en termes de prix, il y a une grande tendance, dans un premier temps, à la surconsommation et, dans un deuxième temps, à l’« éphémérisation » des vêtements qui sont biens moins portés qu’auparavant avant d’être jetés.

Énième donnée à prendre en compte lorsque l’on parle de consommation à très grande échelle : le transport. On considère qu’un jean parcourt en moyenne 65 000 km du champ de coton au magasin de vente, ce qui représente 1,5 fois le tour de la planète (OXFAM). Et pour les vêtements qui ne trouveraient pas preneur, une solution simple et efficace s’offre aux multinationales du fast-fashion : l’incinérateur. En effet, au vu de coûts de production extrêmement faible, celles-ci ne s’embarrassent pas à stocker les invendus dans des entrepôts couteux et contribuent elles-mêmes au gaspillage vestimentaire. En Europe, 4 milliards de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés par an, parmi ce chiffre, 20% des vêtements sont recyclés et 80% sont jetés ou incinérés (OXFAM). Au sein de notre entreprise et, plus personnellement, cette situation extrêmement critique pour la planète nous interpelle. C’est pourquoi nous avons décidé de nous placer aux antipodes du fast-fashion en ne proposant que des créations sur-mesure. Cela veut dire que nous n’avons pas de stock, pas de surplus, pas de gaspillage. Chaque produit commandé est réalisé sur-mesure et personnalisé pour être sûr de correspondre à chaque personne. Parce que les CEOs des entreprises de fast-fashion peuvent bien compter parmi les personnes les plus riches au monde, chez Melius Mundus nous continuerons à défendre la qualité de nos produits ainsi que leur impact sur la Terre car, si les collections sont déclinables par centaines, il est certain que notre planète ne l’est pas.

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1 Commentaire

  1. Anne

    Merci pour cet article très éclairant et stimulant, pour un comportement plus éco-responsable.

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